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Étude 10 - Aimer nos ennemis (Matthieu 5, Romains 12)

Copyright © 2004, Bruce N. Cameron, J.D. Toutes les références bibliques se réfèrent à la version Nouvelle Bible Second (NBS), 2002, sauf indication contraire. Des réponses suggérées sont placées entre parenthèses. Cette étude est publiée sur Internet à l’adresse http://www.etudesbibliques.net.
 
Introduction : Mat Staver, un proéminent avocat américain spécialisé dans les affaires de liberté religieuse aime raconter une histoire à mon sujet, relative à Matthieu 5:44. Ce texte nous dit d’aimer nos ennemis et de prier pour ceux qui nous persécutent. Comment font les avocats spécialisés en liberté religieuse, qui se battent contre "les mauvais gaillards", pour mettre ce texte en pratique ? Mat suggérait de prier pour ses adversaires lorsque la bataille juridique débute, pour qu’ils soient embarrassés ! Cela m’a frappé par l’incompatibilité avec l’enseignement de Jésus dans Matthieu 5. Mais un jour j’ai décidé de suivre le conseil de Mat en interrogeant un homme lors d’une déposition. La déposition s’est merveilleusement bien passée de "notre côté", parce que l’homme témoignant contre nous était embarrassé, et même suffisamment embarrassé pour dire la vérité ! J’ai annoncé à Mat qu’il y était pour quelque chose. Qu’a Jésus à l’esprit dans Matthieu 5 ? David a-t-il aimé Goliath ? Quelle est exactement notre obligation biblique face aux gens qui nous font du mal et face à l’évangile de Jésus-Christ ? Ouvrons la Bible et voyons ce qu’elle nous enseigne !
 
I.          Les mots de Jésus
 
1.       Lisez Matthieu 5:43-45. Dans le verset 43 le mot traduit par "prochain" peut aussi être traduit par "ami". Que semble le plus naturel : aimer votre ami ou votre ennemi ?
 
a.         Le verset 44 nous dit "d’aimer" nos ennemis. Pourriez-vous vraiment aimer une personne ennemie ?
 
i.         Est-ce que votre réponse porterait sur la signification du mot "aimer" ?

b.         Le mot "amour", du moins en anglais et en français, est utilisé de différentes façons qui rendent toute précision difficile. Selon Strong, le mot grec utilisé ici "agapao" signifie aimer dans un sens moral ou social. Jésus aide à définir ce qu’il veut dire par "amour" en nous donnant une illustration de la façon dont Dieu aime "les mauvais" et "les injustes" (Matthieu 5:45). Quelle définition de "l’amour" donneriez-vous, en vous basant sur l’exemple de Dieu ? (L’exemple de Dieu semble définir l’amour comme étant un traitement non-discriminatoire.)
 
i.         Est-ce que cela nécessiterait un effort spécial de la part de Dieu de tenir le soleil à l’écart des "mauvais" et la pluie à l’écart des "injustes" ? (Oui. Dieu devrait leur donner un traitement spécial.)
 
ii.        Cet exemple est-il une clé pour comprendre ce que Dieu veut dire quand il nous dit d’aimer nos ennemis ? Nous est-il simplement demandé de les traiter d’une façon non-discriminatoire ?
 
iii.      Le mot traduit par "amour" dans Matthieu 5:44 est le même mot grec utilisé dans Jean 3:16 pour décrire l’amour de Dieu pour nous, dans Jean 3:35 pour décrire l’amour du Père pour Jésus, ainsi que dans Jean 11:5 pour décrire l’amour de Jésus pour Marthe, Marie et Lazare. Cela semble-t-il être simplement de l’amour non-discriminatoire ?
 
2.       Lisez Romains 12:14. Dans l’introduction j’ai mentionné la prière qui embarrassait mes adversaires dans un litige. Comment accorder cela avec ce texte ? (C’est plutôt difficile. Je considère l’embarras (quand je suis embarrassé) comme un fléau. La prière pour l’embarras parmi mes adversaires semble être une demande de malédiction et non de bénédiction.)
 
3.       Lisez Romains 12:17-18. Remarquez l’instruction "de faire ce qui est bien devant tous". Dans quelle mesure est-ce approprié au fait d’aimer nos ennemis ? (Si quelqu’un voit ce que vous avez fait pour vous venger, sans en connaître la raison, ils penseront que votre caractère est imparfait. Il faut convenir qu’il est difficile d’être raisonnable en cherchant la vengeance.)
 
II.        L’avantage d’aimer nos ennemis
 
1.       Peut-être pensez-vous qu’aimer nos ennemis est une situation "sans victoire". Même si nous obéissons à Jésus, quelle(s) bonne(s) chose(s), de ce côté-ci du ciel, cela apportera-t-il d’aimer nos ennemis ? Ils sont toujours nos ennemis ! Y a-t-il pour nous une raison concrète d’aimer nos ennemis ?
 
2.       J’ai lu un livre contenant les enseignements du chef spirituel des Bouddhistes : le Dalaï Lama. J’ai été frappé par le chevauchement entre ses enseignements et les enseignements de Jésus dans Matthieu 5. Dans son enseignement parallèle sur l’amour de nos ennemis, le Dalaï Lama pose les questions suivantes auxquelles vous devriez réfléchir :
 
a.         D’après vous, combien de gens évaluez-vous avoir côtoyés dans votre vie ?
 
b.         De ce nombre, combien en côtoyez-vous quotidiennement ?
 
c.         De ce nombre, combien pouvez-vous pour dire qu’ils sont des ennemis personnels ?
 
3.       Si vous êtes comme la plupart des gens, vous avez rencontré des milliers de personnes tout au long de votre vie. Mais de ces milliers, vous n’en côtoyez probablement qu’une centaine (ou moins) de façon régulière, et qu’une poignée de façon quotidienne. De cette centaine, il n’y aura probablement pas plus d’un ou deux que vous considérerez comme un "ennemi". (S’il y en a plus, peut-être manquez-vous d’autres enseignements importants de la Bible !) Cela signifie que de vrais ennemis sont une chose rare. Ils sont une ressource rare, selon le Dalaï Lama, qui vous donne l’occasion d’apprendre comment se comporter avec des personnes difficiles ! Avoir à faire avec un petit nombre de personnes difficiles dans votre vie vous permet d’apprendre des leçons de grande valeur concernant le développement du caractère et le cheminement avec les autres.
 
a.         Ce raisonnement bouddhiste sur "l’amour de nos ennemis" est-il compatible avec la Bible ?
 
4.       Revenons à Matthieu. Lisez Matthieu 5:46-48. Quelle(s) raison(s) Jésus donne-t-il pour aimer nos ennemis ? (Jésus parle d’une "récompense" et du fait d’être davantage comme Dieu.)
 
a.         Quelle est cette récompense que nous obtenons par l’amour de nos ennemis ? (Je pense qu’elle fait partie de notre récompense dans le ciel, mais la suggestion bouddhiste d’une récompense a également un sens à mes yeux. La raison est qu’être parfait comme notre Père céleste s’apparente à la perfection du caractère. Nos caractères peuvent se développer en agissant de façon appropriée envers des personnes difficiles.)
 
5.       Revenons à Romains 12. Lisez Romains 12:20. Quelle raison nous est donnée ici pour aider nos ennemis ? ("Des braises" ne semblent pas être bonnes pour un ennemi. Peut-être cela signifie-t-il un jugement final. Peut-être cela signifie-t-il un sentiment de honte de vous avoir maltraité.)
 
a.         Comment cela s’accorde-t-il avec l’idée de traitement "non-discriminatoire" envers nos ennemis ? (Cela va clairement au-delà de cela. Nous sommes appelés à faire quelque chose de bon pour nos ennemis.)
 
6.       Lisez Romains 12:19. Quelle raison nous est donnée ici pour être bons envers nos ennemis ? (Dieu, et non pas nous, nous vengera du mal qui nous aura été fait.)
 
7.       Lisez Romains 12:21. Une question majeure concernant le fait d’être bons envers nos ennemis est notre souci que le mal triomphe. Nous avons le sentiment que nous devons défier les mauvais égards (en particulier lorsque nous en sommes la victime !) Que ce texte suggère-t-il comme étant l’issue ultime de notre litige avec nos ennemis ? (Que nous vaincrons nos ennemis avec le bien. Nous gagnerons. Le but d’aimer nos ennemis est de gagner contre le mal !)
 
III.     Les conséquences en retour !
 
1.       Si vous prenez une concordance et lisez tous les textes des Psaumes qui contiennent le mot "ennemi", votre première réaction est que les enseignements des Psaumes et le sermon sur la montagne de Jésus présentent deux approches radicalement différentes d’agir avec nos ennemis. Par exemple, la première référence aux ennemis dans les Psaumes se trouve dans Psaumes 3:7 : "Lève-toi, Éternel ! sauve-moi, mon Dieu ! Car tu frappes à la joue tous mes ennemis, tu brises les dents des méchants." (Traduction Louis Segond, Nouvelle Édition de Genève (NEG), 1979.) Maintenant cela ressemble plus à mon penchant naturel ! Donne-leur un coup de poing dans la figure, Seigneur !
 
a.         Comment pouvez-vous concilier l’approche face aux ennemis présentée dans le Nouveau Testament avec celle des Psaumes ? (Si vous regardez les textes des Psaumes se référant aux ennemis, vous verrez un schéma constant : le Psalmiste s’adresse à Dieu de façon soutenue pour être délivré de ses ennemis. C’est précisément ce que Romains 12:19 conseille : "laissez place à la colère [de Dieu sur vos ennemis]".)
 
i.         Comparons à nouveau Romains 12:14 avec Romains 12:19. Si vous priez, tout comme le Psalmiste, pour que votre ennemi se fasse briser les dents par Dieu, de quelle façon cela peut-il être une bénédiction et non une malédiction ? (Cela me rappelle très fortement la justification par la foi. Nous nous en remettons à Dieu et avons confiance en lui pour notre justification. Quand vient le temps de la récolte des conséquences pour nos ennemis, nous en appelons à Dieu et avons confiance en lui pour notre vengeance.)
 
2.       Rappelez-vous que dans Matthieu 5:48 nous sommes appelés à aimer nos ennemis afin de devenir parfaits comme notre Père céleste est parfait. La récolte des conséquences fait-elle partie de la perfection de Dieu ? (Une des dernières références aux "ennemis" dans la Bible se trouve dans Hébreux 10:26-27 (La traduction de la Bible en Français Courant (BFC) traduit "rebelles" par "ennemis [de Dieu]"). Lisez ce texte. Il est clair que Dieu va détruire nos ennemis communs.)
 
3.       Cher ami, Dieu nous enseigne que nous ne devons pas chercher à nous venger, mais au contraire faire preuve de bienveillance. Nous devons nous tourner vers Dieu pour "les conséquences en retour" contre nos ennemis. Comment cela s’accorde-t-il avec la "prière de Mat Staver" pour l’embarras parmi nos ennemis ? Bien que j’aie toujours quelque difficulté à l’accorder avec Romains 12:14, il me semble que c’est généralement ce que Dieu a à l’esprit. Notre conduite envers nos ennemis est positive. Notre moyen d’obtenir un soulagement de la part de nos ennemis est de demander justice à Dieu. Voulez-vous renoncer à vos pensées vengeresses et vous tourner vers Dieu ? Acceptez-vous aujourd’hui de vaincre le mal avec le bien ?
 
IV.      La semaine prochaine : Nos frères et sœurs dans la foi.
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